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Nouvel objectif : "Embarquement immédiat" en photo

Un 2ème livre consacré au meilleures photos de la tournée du Nougaro trio

Sobre el proyecto

Le livre est en cours d'impression. Il sortira Vendredi des presses de l'imprim à APT.

Un 2ème livre consacré aux meilleures photos de la tournée du Nougaro Trio.

Format 21X25 cm. 100 pages

Les photographies du livre : https://www.instagram.com/lucciolucca/

Le livre : Edité à 100 exemplaires avec la participation de l'imprimerie Imprim'Apt
Format : 15 x 21 cm.
Couverture ; Impression noir recto sur papier couché 1 face spécial édition.
Couverture : Pelliculée Mat 
Intérieur : impression noir recto verso sur papier 80 gr offset blanc.
Illustrations : 60 photos noir et blanc et dessins

https://www.instagram.com/lucciolucca/

Le contenu :

Ce livre est le témoignage d’une rencontre, celle de la photographie avec la poésie, du photon avec la chanson, du cristallin avec l’alexandrin.

En 1984, Claude Nougaro entame son tour de chant en trio dans le Sud-Ouest et embarque un jeune photographe de 21 ans. Pendant deux ans, ils vont s’apprivoiser, se découvrir et vivre une aventure humaine peu ordinaire. Le photographe découvre le Jazz, la poésie, l’artiste tout entier avec ses lumières et ses ombres.

Ce récit haletant est un voyage dans le monde de Claude Nougaro qui offre ici toute son amitié, son intimité et nous fait découvrir ses dimensions spirituelles.

Une rencontre profonde, truffée d’anecdotes piquantes et sensibles qui nous amène au coeur du processus de création de l’artiste. Un regard aiguisé sur l’homme et ses multiples facettes.

«La poésie dévoile la vision de l’âme et la photographie, l’âme de la vision».

 

 

Extraits choisis : 

A dix heures quarante cinq, avec mes quatre heures de repos et mes yeux rougis de sommeil, je m'avance vers l'hôtel de l'Europe, mon carton à dessins sous le bras et ma mallette en aluminium à la main, prête à trimbaler mes deux boîtiers pour être toujours opérationnels.

J'entre. Pierre Michelot est assis dans un fauteuil non loin de l'entrée et me fait face.

« J'attends le médecin, j'ai dû attraper froid hier soir. Il ne vapas tarder à arriver. Tu veux boire un café »?

Il est attentionné, doux et son léger embonpoint lui donne une fluidité naturelle.

Je commande un café en attrapant du regard l'homme qui est au comptoir.

« Alors, tu as apprécié, me demande t-il »?

« J'ai déjà assisté à des concerts de jazz, Ella Fitzgerald, John Mc Laughlin, mais là je suis sans voix. Je n'ai jamais vu autant d'énergie et d'harmonie sur scène ».

« Et encore, tu n'as rien vu, ce n'est que le début du tour de chant » !

Je sors mes tirages et les lui présente d'un geste décidé.

« Voilà ce que tu fais avec tes instruments. Je n'ai jamais rien compris à la photo, c'est ma fille qui en fait de temps en temps.

Moi, j'ai laissé tomber, trop compliqué ». Il regarde les tirages et s'attarde sur certains en laissant un léger rictus apparaître. Ses commentaires sont dans le non-verbal mais je décrypte qu'il apprécie.

« Voilà un type avec une sacoche, je pense que c'est lemédecin, je te laisse. A plus tard.

Mais au fait, quel est ton nom »? Me voilà seul, engoncé dans mon fauteuil. J'ai depuis hier l'impression d'être un cyclope et d'avoir l'œil droit qui fait le double du gauche. J'ai conscience de ce déséquilibre. Il faut que j'y remédie. Je pourrais apprendre à viser d'un œil et à capter le hors champ de l'autre, garder les deux yeux ouverts… et me voilà parti dans ces introspections que j'affectionne.

L'horloge du hall, sonne ses onze coups et me rappelle l'heure du départ. Je dois être prêt. Mes sens sont aux aguets. Maurice Vander descend l'escalier qui se jette dans le hall et m'aperçoit. Il s'approche et s'assoit à la place encore chaude qu'occupait Pierre Michelot.

« Je suis le premier »? me lance-t-il

« Pierre est malade, il est remonté dans sa chambre avec le médecin. Il s'est un peu enrhumé je crois ».

« Je vais aller prendre un petit déjeuner » me dit-il en sortant tranquillement une cigarette, une feuille de papier à rouler et la boulette que je distingue entre ses doigts. Il extrait rapidement le tabac blond de sa Marlboro et chauffe le kif avec son briquet. Les fragments se détachent et viennent engraisser le tabac qu'il mélange délicatement dans le creux de sa main. Le parfum se diffuse dans l'alcôve où sont nos fauteuils et je reconnais là les gestes d'un initié. Maurice allume son stick naturellement et se dirige vers une table pour se restaurer un peu avant le départ. De mon fauteuil, je vois ses épaisses volutes de fumée s’écraser au plafond.

Je me lève et sors faire quelques pas, respirer un peu l'air frais de la place où se trouve l'hôtel. Je repense à cette soirée, aux instants intenses où le temps n'a plus son emprise, où le trio ne fait plus qu'un.

Les frissons arrivent aussitôt. Je réchauffe mes mains dans mes poches et après quelques minutes, j'oriente mes pas vers la porte vitrée de l'hôtel. Je retourne vers le fauteuil et je vois soudain le sorcier africain descendre les escaliers avec ses deux valises à la main et son grigri en or autour du cou.

Je rassemble mes affaires laissées sur la table basse et me saisis de la boite Ilford qui protège les tirages noir et blanc du concert d'hier soir. Je vais à sa rencontre, il est suivi par Pierre Michelot qui tout en descendant avec son médecin, le remercie. Il me reconnaît. Je vois dans ses yeux un étonnement, un amusement, il sourit.

« Tu es encore là Talvéra? »

« Oui, Talvéra, Talvéra, tout recommencera Talvéra Talvéra. . . »

« Hé! Tu as de la réparti petit. »

« Je venais vous montrer les photos que j'ai développées hier soir et que je voulais vous donner au repas. Mais vous n'y étiez pas. Alors me voilà. »

« Voyons l’objet ! »

Claude pose ses valises à ses pieds et se saisit du paquet d'images. Il découvre les photos comme un enfant qui retourne des cartes et place soigneusement celles qu'il a vues sous le paquet. Derrière ses lunettes, son regard est perçant. Il hoche parfois un peu la tête et s'attarde sur certaines images.

« C'est bien, tu as su saisir quelques instant de notre éternité. Merci. » Il reprend ses valises et se dirige vers la sortie suivi de Pierre Michelot et Maurice Vander. Nous marchons côte à côte vers la porte tout en continuant la conversation.

« J'ai essayé de restituer les moments que je ressentais. Vous savez, hier soir j'ai vu votre spectacle mais je n'ai pas pu beaucoup l'écouter. C'est délicat la photographie et je n'arrive pas encore à équilibrer la vue avec les autres sens. »

« J'aurai bien aimé vous écouter. Vous allez où Maintenant ? »

« Ce soir on est à PAU au théâtre Saint Louis. Allez, monte petit !

Bienvenu dans le NOUGARO TRIO »

Maurice Vander, déverrouille les portes de la BMW 525i garée juste devant. Je file chercher mon carton à dessin et ma caisse en aluminium restée çà l’intérieur et rejoins la fine équipe qui charge la voiture de quelques bagages. Ce sont mes seuls effets personnels. Pas de vêtements ni de brosse à dents. On verra bien.

J'embarque mes affaires dans l'espace vacant du coffre et chacun prend sa place naturellement. Maurice Vander au volant, Pierre Michelot à droite devant, Claude juste derrière et moi derrière le chauffeur qui fait déjà vrombir les six cylindres.

 

LE MARATHON DU CORPS ET DE L’ESPRIT

Remettons le compteur à zéro. La tournée du Nougaro Trio commence le 25 Janvier 1984 à Ambarès, près de Bordeaux. Nous venons de terminer une série de vingt quatre concerts dans le Sud avant que la tournée ne prenne la direction de l’Afrique avec Djibouti, puis la Réunion et l’île Maurice.

Au retour en avril, ce sera plus de trois cents dates qui vont s’enchaîner sur l’hexagone. L’athlète vise plus qu’un Marathon.

En vivant au coeur de la tournée, je vois l’énergie déployée par la caravane Nougaro qui sillonne les routes de France et de Navarre, la famille de techniciens qui s’affaire pour que tout soit toujours prêt.

J’ai à présent les textes des chansons incrustés dans la peau. Le mystère du pygmée occitan demeure. Comment fait-il pour déployer une telle énergie et donner un concert nouveau dans chaque ville ? Du haut de mes vingt et un an, c’est tout simplement un mystère.

Pourtant, je l’observe dans le quotidien, sur scène, dans sa maison, avec ses amis, sa compagne et je vois bien qu’il est animé par autre chose. Une soif intarissable des mots le pousse dans le désert blanc de ses petits carnets. Il doit écrire pour vivre.

Ecrire pour dire, écrire pour chanter, écrire pour espérer. Telle est la mission Nougaro.

Claude se met à l’épreuve de la scène. C’est son combat ici-bas. Avec la tournée, il créé les conditions qui le sortent du quotidien, s’entoure des meilleurs musiciens pour soutenir son chant et se met en marche pour un véritable périple de troubadour. Il colporte les messages qu’il a enveloppés dans ses chansons et les donne au public comme on fait une offrande.

Son existence est inscrite dans ses textes. Le poète a cette faculté rare de faire un pas de côté et d’observer le monde avec un regard pur, sans entrave. Aux anges, il emprunte la plume pour dire sa vérité.

L’homme Nougaro voyage, mais il voyage surtout à l’intérieur de lui-même. Il explore sa cervelle d’or et en extrait la moindre pépite. Parfois ses images mentales lui montrent la voie. Parfois c’est après un silence prolongé qu’il donne de la voix.

On dit de lui qu’il est un alchimiste des mots. Mais bien avant les mots, son art à lui, c’est de voir avec sa peau. Une peau sensible qui l’habille de haut en bas et qui tisse les mailles d’une hyper sensibilité. Son art à lui, c’est de capter les vibrations et d’ajuster ses cellules, d’être au diapason du présent.

Son plus bel instrument, c’est son corps. Ensuite il va mettre à contribution ses méninges pour affiner ses perceptions directes et faire jaillir les mots de prédilection.

La scène est un état d’être, un état d’âme à construire et à reconstruire, pour puiser au fond de lui l’essentiel, une vérité, celle qui parle à chaque être, là dans le public.

La tournée est une performance physique, une succession de combats dans l’arène.

De répétitions en répétitions, de concerts en concerts, Nougaro additionne les transes à la recherche d’un chant nouveau. Il tisse des liens, il créé une matrice entre le public et la scène, il la travaille, la pétrit jusqu’à ce que ces liens se fondent et qu’ils ne fassent plus qu’un.

A cinquante cinq ans, l’homme a pris de la densité, du relief, de l’envergure. Il foule la scène pour invoquer l’invisible.

Il cherche de nouvelles espérances, lui qui croit en l’autre et qui croit en lui, il croit au grand mystère de la vie. C’est sa source principale d’inspiration.

Pour lui, le mystère de la vie c’est aussi « Miss Terre ». Une figure du présent, invisible, une déesse qui l’accompagne chaque jour et qu’il vénère. Ce visage de femme qui pend à sa chaîne d’or. C’est aussi ce profil qui l’obsède et qui surgit du fond de sa plume dans ses dessins.

Claude utilise tous ses moyens d’expression, la poésie, le chant, la danse, le dessin, la peinture.

Il traque sur scène les instants d’harmonie où le temps est suspendu, ceux où il se fond totalement dans le présent. Ces instants qu’il appelle Eternité.

                                                                                                                                                                                                     

 

FIGURES DE STYLE

Il y a du matador chez Nougaro, du style. Il tord les mots, leur donne des formes, du relief, de l’animalité. Le dompteur de rimes sait leur parler. Il les caresse ou leur claque le fouet, leur déroule des passes ou leur réserve l’épée.

Les mots, il faut parfois les mater. Tantôt matador, tantôt taureau, la scène est son arène, il y a du chant dans ses veines.

C’est un puncheur. En peignoir, il déboule parfois sur le ring en chaloupant des épaules tout en haranguant le public de la main. Chaque concert est un combat avec lui-même. Il monte sur le ring pour suer tout son swing.

Nougaro a du coffre.

Ses graves plongent au plus profond de lui-même

Et ses cordes nous offrent

Des vers puissants et lumineux comme des diadèmes.

Nougaro a du style,

Son corps danse le viril et le féminin.

C’est un être tactile,

poéte maudit au profil achilléen.

Nougaro a la foi

Petit sarrasin athée mais pieux Toulousain

Il chante Dieu parfois

Des anges dans ses refrains, il y en a plein.

Nougaro a du coeur,

C’est un homme sensible qui vit avec les mots,

L’émotion sans pâleur,

La rage de vivre les sentiments subliminaux

Il nourrit de ses vers un public affamé

Claude chante à coeur ouvert et Nougaro à guichet fermé.

                                                                                                                                                                                                     

DE LA MYTHOLOGIE A LA COSMOGONIE

L’artiste affectionne tout particulièrement les mythes. Il en est imprégné jusqu’à la moelle et ils ressortent au détour d’un couplet ou encore au milieu des pieds d’un alexandrin.

Les mythes sont fondateurs, porteurs de sens et d’essence humaine. Trouver la clé des mythes, c’est un peu percer le coffre fort du mystère humain.

Claude est un chercheur,

il avale les livres, étaye ses hypothèses,

c’est un accoucheur,

il cherche le débat pour développer ses thèses.

En quête de l’âme soeur

Pour découvrir les mystères d’une genèse

Le pas chassé est sa spécialité. Lorsqu’il flaire une piste fraiche, un sujet à approfondir, une forêt d’idées à braconner, Il s’immerge totalement, parfois jusqu’au mimétisme. Son corps peut être interrogatif, introspectif, combatif ou vainqueur. Chez lui, le corps et l’esprit ne font qu’un.

C’est son instrument. L’écriture sort de son bras, parfois de ses puissantes épaules. La poésie, c’est physique. Il décoche ses flèches d’encre sur les feuilles sans cible de ses cahiers. Il traque un gibier invisible en suivant la piste de sa vie.

Un pas de côté et son esprit change son angle d’attaque. Il relève les empreintes du mystère, renifle le territoire des ombres et des lumières et avance, sa sagaie emplumée à la main.

Sa chorégraphie emprunte souvent aux rituels, à l’art tribal de la chasse. Il sait se préparer, se grimer et dépasser ses peurs en s’entourant toujours des meilleurs tam-tams, en plantant un totem sur scène ou encore en revêtant un masque. Autant de symboles qui tissent sa transe.

Son pas chassé rythme sa danse et décale son mental vers de nouvelles perceptions, parfois archaïques, parfois nouvelles. Il traque par bonds successifs et resserre l’étau sur sa proie.

Nougaro est un prédateur des mythes fondateurs.

Chez lui, la tribu est une référence pour puiser l’énergie tellurique et percer les mystères de la vie. Il l’entretient en permanence. Son goût prononcé pour les vibrations africaines, sa pratique de la danse, ses totems sur scène. Il embarque avec lui sur sa pirogue sa tribu de griots, musiciens ensorcelés, tout cela participe à sa recherche intérieure, sa métaphysique comme il disait.

En bon « intellectruelle », il ne cesse de draguer les fonds de l’âme humaine pour extraire les perles d’une culture universelle. Il mobilise son corps tout entier pour penser. Son cerveau se sert de son mental grossier pour affiner ses sens et alimenter les introspections qui le nourrissent.

Pour lui, la métaphysique est là pour mettre des mots sur l’invisible. Il enquête dans la veine de son maitre, Jacques Audiberti, son inspecteur Maigret métaphysique.

Ses réflexions deviennent progressivement métaphoriques et se transforment peu à peu en aphorismes condensés, en quatrains ou en alexandrins rythmiques.

De même, le dessin est le prolongement de sa plume et il trace aussi les contours du mystère sur de grandes feuilles blanches, cartographiant les fruits de ses pensées d’un trait pariétal.

Le corps, le son, l’image sont les supports qui vont élever sa pensée et lui proposer un prisme propice à la cosmogonie. Ecouter l’horlogerie du monde est son tempo quotidien.

Se laisser porter par le vent et devenir le vent, s’unir à la Garonne pour saisir la moindre de ses ondulations, parler la langue des arbres. Claude Nougaro se fond dans les éléments et s’enivre d’un temps sidéral. Il veut percer le mystère. La vibration serait-elle la même entre l’atome et l’univers?

Il a trouvé la clé d’un ascenseur mental,

qui éclaire ses pensées de l’atome à l’étoile.

Para qué es la financiación

850€

C ‘est le coüt d'impression des 100 premiers exemplaires numérotés et signés .

L impression est faite a APT par notre partenaire IMPRIM’APT.

 

 

Sobre el creador de proyecto

Luc DOUCHE : Photographe depuis 40 ans

Reportages :

Claude Nougaro, Paul Personne, Charlélie Couture, Tom Novembre, Philippe Léotard, John Mc Laughling, Ella Fitzgerald, Jackson Browne, Louis Sclavis, Cristina Hoyos . . .

 

 

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